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Fils du Ciel

Quelle construction humaine me reliera au ciel ?

Les pyramides pointent vers les étoiles, mon âme cherche le ciel.

Gaugin, de ses couleurs signifiait l’origine des mots, moi je refuse leur vie sans âme.

Je sais leur éternité, mais la mort est des leurs. Comment la poésie sans l’usage vulgaire de mots.

Leur appartenance est secrète, leur accès, leur espace protégé, gage de fidélité au poète.

Exotisme, altérité, demeurer, rester soi-même, se ressourcer en son centre pour mieux visiter l’autre.

Palinodie des élans et sentiments que de croire ne faire qu’un sitôt la pénétration entamée.

Synesthésie du jouir sous le joug chrétien. Que l’autre me rejoigne, mon centre lui est ouvert.

Gaugin (le guide) :

Les Marquises, en ces lieux où vécut Gaugin j’ai trouvé le plaisir, le bonheur, la plénitude sur terre,

mon accomplissement, le partage sans mélange d’espaces corps mêlés, de centre superposés sans atteindre, sans occulter l’altérité.

Sur ses îles, sur son île, je n’ai fait que passer, je n’ai fait que venir, sentir, humer, essayer d’absorber ce que du doigt, des doigts, il avait puisé.

J’ai vécu les marquises, j’ai vécu mon roman, j’ai pleuré mon existence, j’ai rêvé d’un après, j’ai senti le possible, j’ai lu mon futur.

J’ai eu cette chance, tenir mon œuvre, je la sentais, préméditée, imaginée, imaginaire, je tenais mon vécu. Mais quel autre vrai ?

De cette époque, j’ai conservé l’oubli de mes frontières, j’ai vécu l’exotisme entier. Je devinais où aller, je tenais le chemin pour y arriver.

Je connaissais le lieu, je le savais possible, faute d’oubli, je ne pouvais encore l’atteindre.

Ma mémoire, trop pleine, ne pouvait, ne voulait, le laisser m’inviter.

Enfin le voyage, quitter pour ne pas laisser, pour mieux garder et laisser vivre,

abandonner… Plus tard vivre et tuer pour en permettre et en valider l’existante.

Quelle vie possible sans la mort annoncée ?

De mon départ précipité, de cette fuite orchestrée, il m’est resté le passage. la musique, des jours, qui l’ont précédé.

Dans la hâte de lire la suite, j’ai failli tout gâcher. La chance est venue, inespérée, signe du ciel que j’allais enfin toucher.

Je pressentais le pays, le lieu ou aller, je pressentais le centre où je pourrai enfin trouver mon identité.